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Les Onze Pour Cent

Caméléon a rencontré John Le Neué et Aude Bertrand diplômés de l’université Paul Valéry et créateurs de la page Instagram les Onze pour cent.

Comment est né le projet onze pour-cent ?

Nous avions eu l’idée de créer un ciné-club au Québec, nous voulions un ciné-club paritaire. La difficulté a été de trouver des longs-métrages réalisés par des femmes. Mais comme le ciné-club n’a pas pu naître, nous avons décidé de créer la page Instagram.

Au début, on mentionnait des films que nous connaissions, mais au bout de deux semaines nous nous sommes rendu compte que nous étions limités. Les réalisatrices sont moins médiatisées et notre page est une démarche féministe.

Pourquoi un chiffre si précis ?

11 % est un chiffre qui concerne seulement les USA. Mais nous parlons des films du monde entier, de toutes nationalités. Par exemple Dakini, un film réalisé par Dechen Roder, une réalisatrice bhoutanaise, sortie en 2016. Elle a écrit le film, réalisé, monté et produit toute seule. Cela permet de parler de cinéma émergent soit d’un cinéma dont l’occident s’intéresse peu.

Tout ceci est significatif, car les films qui marchent le mieux ne sont pas ceux faits par des femmes, cela ne veut pas dire qu’il sont moins biens, mais cela signifie qu’ils sont moins médiatisés.

Sur votre page, on remarque des genres très différents, comme de l’animation, ou un documentaire sur l’endométriose. Comment faite vous les choix des films dont vous allez parler ?

On essaye avant tout de mettre en avant des films accessibles gratuitement. On regarde la sélection dans les festivals comme celui de Créteil par exemple.

Nous utilisons aussi les réseaux sociaux comme Twitter et le hashtag #52 films par les femmes, il y a aussi Black Women Directors, on regarde également sur Universciné ou sur l’actualité Netflix. Mais nos choix se font un peu au hasard, selon nos goûts aussi. On fait énormément de recherches pour varier les nationalités des réalisatrices (africaine, japonaise …) cela prend beaucoup de temps, il faut donc faire un travail de fouille (rire).

Avant tout, nous essayons de garder en tête deux principes : mettre en avant des films militants, puis le sujet très souvent féministe et expérimental.

Mais nous n’excluons pas un film parce qu’il est soi-disant « mauvais », chacune des réalisatrices a des moyens de production différents.

On envisage ça aussi comme une forme de soutien au premier long-métrage/court-métrage au futur talent. Par exemple, on avait partagé un court-métrage de science-fiction qui était bien, mais avec peu de moyens, il était donc limité, mais quand on le remet dans son contexte, c’est un film de science-fiction kenyan , réalisé par une femme, la SF n’est pas très présente en Afrique, c’est bien de les soutenir.

Est-ce qu’il y a un avant / après l’affaire Weinstein, et ce que cela a bouleversé la façon de faire des films ?

Oui, j’espère, mais ce n’est pas qu’au cinéma. D’autres mouvements apparaissent, il y a une libération de la parole. Au-delà de la manière de faire, il y a maintenant une manière différente d’en parler, la cause féministe devient plus médiatisée, avant on n’aurait jamais vu d’article sur « les 10 meilleurs films réalisés par les femmes » ou encore « Les réalisatrices à suivre » sur le site d’actualité IndieWire. Il y a de plus en plus d’articles qui mettent en valeur les réalisatrices et il y a même le prix Alice Guy qui existe depuis 2 ans.

Est-ce que tu as une réalisatrice préférée ? Et quel film conseilles-tu d’aller voir ?

Moi (Aude), j’aime beaucoup Naomi Kawase qui fait des films divers et très intimes.

Pour moi (John), je conseille d’aller voir Évolution de Lucille Hadzihallilovic et A Girl walks home alone at night d’Ana Lily Amirpour premier film américain fait par une iranienneou encore le court métrage Liv de Zara Dwinger, un film néerlandais, très original.

Des projets futurs ?

Nous venons d’ouvrir un site internet lié à notre page Instagram et on aimerait continuer à élargir notre audience. À côté de ça nous avons créé un ciné-club avec l’association étudiante les Anémones dont nous faisons partie qui prend de plus en plus d’ampleur.

Pour suivre leurs aventures et découvrir des réalisatrices, vous pouvez les suivre sur :

lesonzepourcent.www.com

https://www.instagram.com/lesonzepourcent/

https://www.facebook.com/lesanemones/ 

Par Wendy Pellegeay et Adèle Chiron

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