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Cendre(s)

Cendre(s)

Nominé à quatre prix lors de son année de sortie (2008), “Cendres” est le premier court-métrage de Paul Costes, cinéaste duquel on n’entendra parler que 5 ans plus tard avec la sortie de son premier long-métrage “La Chambre Bleu”.

Travelling arrière, le couché du soleil en fond, un taxi roule dans les rues de Paris. Hors champs, un enregistreur son s’allume, en voix off : “une nouvelle journée qui commence” et le film démarre. Une voie d’homme qui introduit un personnage qu’on ne verra jamais. Qui est ce personnage ?

La voix appartient au propriétaire du taxi avec lequel on fera le voyage jusqu’à la fin de l’histoire. Une musique de jazz nous fait rentrer dans la voiture avec le chauffeur, pour ensuite changer de scène et aller rencontrer le deuxième personnage de la nuit, une dame japonaise qui semble se préparer pour un concert.

Dans la voiture, la nuit avançant, on suppose que la voix raconte ses souvenirs d’un homme qui vient de mourir, probablement familier du chauffeur. Les pensées doivent s’exprimer pour apaiser le coeur, pour mettre les idées en ordre. Soudainement un appel, une voix avec un accent asiatique qui demande ses services au taxi. Quand la dame monte dans la voiture, une conversation banale commence…

En effet, dans “Cendres”, ce ne sont pas les mots qui importent, ni l’action qui se déroule au moment présent, c’est plutôt les non-dis, les non-vus. Les présupposés des spectateurs, qui ne savent pas vers où les dirige cette histoire, sont ceux qui nourrissent l’intrigue.

Entre ce que l’on sait et ce qu’on ignore, le court-métrage reste à la surface de la psyché des deux personnages que l’on n’arrive pas vraiment à saisir. Unis par le hasard de la nuit, la coïncidence fait que tous deux viennent de perdre quelqu’un. Hasard qui peut symboliser le fait qu’on n’est pas seuls dans nos ressentis, dans nos expériences. Nous habitons tous le même monde, vivant des circonstances similaires en puissance.

Dans le court-métrage, le deuil se montre alors comme un troisième personnage dans ce voyage en voiture. Meneur de la rencontre entre les deux protagonistes, c’est à travers lui qu’ils arriveront à ressentir de l’empathie l’un envers l’autre. Il n’y a plus besoin de paroles, entre français et japonais, les deux acteurs réussissent à se comprendre.

Avec des prises de vue obscures et l’impression d’une esthétique “fuyante”, les lumières qui défilent rapidement en dehors de la voiture, on oscille dans une ambiance de rêverie vers une jolie réflection sur la mort. Finalement, “Cendres” c’est la matière qu’on deviendra tous.

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