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Où sommes nous ?

Where We Are on TV et Studio Responsibility Index

La GLAAD (Gay and Lesbian Alliance Against Defamation) est une association américaine de veille audiovisuelle. Elle produit chaque année un rapport sur la représentation de la communauté LGBTQ+ à la télévision, et ce depuis près de quinze ans, et plus récemment, au cinéma. Parmi les plus grands producteurs de contenu audiovisuel au monde, les Etats-Unis ne sont pas pour autant de bons élèves lorsqu’il s’agit de représenter en pourcentages réalistes la communauté LGBTQ+ et de la représenter avec la dignité que tout être humain mérite.

Dans le rapport couvrant les séries télé sorties entre 2018 et 2019, 8,8% des personnages à l’écran sont LGBTQ+ (soit 75 sur 857). Selon l’étude Accelerating Acceptance réalisée sur la population américaine, 20% des 18-34 ans s’identifie comme LGBTQ+, et 12% pour les 35-51, ce qui laisse encore une tranche entière de la population hors des pourcentages. Les 8,8% sont, somme toute, extrêmement décevant. Dans ce chiffre, 27% sont bisexuels, 26 personnages sont transgenres (FTM, MTF et non-binaires), et pour la première fois, les personnages de couleur surpassent les personnages blancs.

Si ces performances sont record par rapport à ce que la télévision nous à habitué, les personnages asexuels et handicapés sont largement lésés. Sur la totalité des networks, des chaînes câblées et streaming, seuls deux personnages sont asexuels. Ce chiffre n’a pas bougé depuis le rapport WWAOTV de l’an passé, et il va baisser en 2019. La série Shadowhunters se termine cette année, nous faisant perdre Rafael, un personnage asexuel et latinx. Quant à la représentation handicapée, les 2,1% enregistrés sont largement inférieur à la moyenne de la population américaine.

Le rapport Studio Responsibility Index étudie les sorties des sept plus grands studios américains sur 2017 et 2018. Les chiffres, non plus décevant comme à la télévision, sont tout bonnement honteux. Alors que plus d’un tiers de la population américaine est LGBTQ+, les sorties cinéma de 2017 et 2018 ont vu un chiffre en baisse dans la représentation (14 films contre les 23 de l’année précédente). Sur ces sorties, on notera l’absence totale de personnage transgenres.

Universal et la 20th Century Fox sont les deux seuls studios à obtenir la mention « Insuffisant » contre le « Pauvre » et « À échoué » des cinq autres majors. Les sept studios ont été soumis au test Vito Russo, qui, comme le test Bechdel, vise à critiquer la représentation qui est faite de la communauté cible. Pour passer le test, le film doit avoir un personnage LGBTQ+, ce personnage ne doit pas être défini exclusivement par son identité sexuelle ou son genre, et son importance dans le scénario doit être telle que l’en retirer aurait un impact sur la compréhension ou la continuité.

Sur les 14 films, seuls 9 passent le test.

Les chiffres trouvés par la GLAAD dans le paysage audiovisuel américain sont d’une importance cruciale. Tout d’abord, moralement parlant, la représentation médiocre de la communauté a un impact direct sur la façon dont la société en tant qu’entité de masse perçoit les LGBTQ+. Plus ces personnages sont présents dans ce que le spectateur consomme, plus l’acceptation de cette communauté déjà difficile s’améliorera.

Mais d’un point de vue plus pragmatique, l’industrie cinématographique ne peut pas se permettre de continuer sur cette voie. Lorsque plus d’un tiersdes spectateurs est LGBTQ+, c’est du suicide financier de continuer à ne pas les représenter. Si les majors veulent rester pertinentes dans une ère où la télévision, la bande-dessinée et la littérature ne les ont pas attendus, elles vont devoir mettre la main à la patte.

Les 18-34 ans représentent 40% des spectateurs de cinéma aux Etats-Unis, et 20% de ces acheteurs de billets se voient présentés des sorties qui ne correspondent pas à leur réalité et à leur cercle social, et qui ne le représentent pas. Comment se sentir concerné quand le média que l’on consomme n’est pas à notre image ?

Les progrès faits dans notre société pour accepter une communauté qui représente un tiers de ceux qui la composent ne suffisent pas.

45% des jeunes transgenre de 18 à 24 ans ont déjà tenté de se suicider.

Les camps de thérapie de conversion ne sont toujours pas illégaux dans la plupart des États-Unis. Tous les ans, des milliers de jeunes sont envoyés dans ces camps où ils sont abusés moralement, parfois sexuellement, harcelés, humiliés, soumis à des électrochocs, affamés, privés de sommeil, pour les rendre si malléables et désespérés qu’ils finissent par accepter tout ce qu’on leur demande simplement pour que cela cesse.

Ces jeunes peuvent avoir jusqu’à moins de 12 ans.

À côté de ces faits tragiques, le pourcentage de représentation à la télévision et au cinéma peut paraître peu important. Mais c’est par là que le changement commence. Ce n’est pas pour rien que le régime nazi avait un ministère de propagande qui tournait des films faisant l’apologie du Reich. Ce n’est pas pour rien si le gouvernement français commendait des films coloniaux pour inciter les français à aller vivre dans les colonies, les peignant en héros blanc dans un nouveau monde.

Le cinéma, les images, ont toujours eu un impact retentissant sur les pensées de la société. Si nous voulons que les choses changent, et que la discrimination cesse, cela passe entre autres par la création de personnages qui représentent plus d’un tiers épuisé, oublié et humilié de la population.

Alors, je continuerai à le demander tous les ans, en lisant ces rapports, en allant au cinéma où je ne m’identifie jamais au personnage principal.

Où sommes-nous ?

Sources:
https://www.glaad.org/sri/2018
https://www.glaad.org/whereweareontv18

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