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Small World

Martin Parr (1952) est un photographe qui a comme spécificité de prendre des autoportraits dans chaque ville qu’il visite. Le voyage est donc au coeur de sa photographie et cela ne sera pas démenti dans sa série Small World (1995) dont il a donné une suite en 2018.

Il s’intéresse dans cette dernière au tourisme de masse, à ses ravages et sa profonde vacuité en mettant en avant la dépersonnalisation et le marchandage d’objets symbolique d’une culture donnée.  On nous intéressant d’abord à l’étude de la photo ci-dessous ainsi qu’une étude du tourisme et des cultures à travers la série dans son ensemble nous essayerons de comprendre comment Martin Parr essaye de dénoncer une sorte de surconsommation culturelle.

Ce qui saute rapidement aux yeux dans ce cliché, c’est l’effet carte postale, marqué par la saturation des couleurs et la mise en scène du fond. En effet, la pelouse taillée, le ciel bleu et l’aspect symétrique de la pyramide donne une sensation de perfection, presque de paradis mais ceci est gâché par le sujet central: la touriste. Plantée en plein milieu de la photo, cette dernière vient gâcher le paysage. Ne serait-ce que géométriquement, puisque là où la pyramide n’est que ligne droite et symétrie, cette personne n’est que courbes chaotique. On peut aussi remarquer qu’elle est déconnecté de son environnement que ce soit par le fait qu’elle va photographier un tout autre sujet en ignorant superbement l’édifice millénaire derrière elle et qui semble pourtant le point central de la photo. Cela est aussi souligné techniquement par la focale qui détache le premier plan, net, et l’arrière-plan laissé dans le flou. Ses bracelets de tour opérateur, finissent de désacraliser le lieu car ils rappellent l’aspect économique; et non pas culturel, de cette visite. Un sujet qui, comme nous le verrons par la suite, constitue le fil de Small World

  La vision du tourisme qui se dégage de Small world est pessimiste, on y retrouve une grande sensation de superficialité, tout semble faux et artificiel.

Tout d’abord les lieux semblent désacralisés, ôtés de leurs substances culturelles et ne semblent plus qu’être des décors de cartes postales comme précédemment évoqué.

Cette désacralisation est amplifiée par les présences humaines sur les photos qui soit dans la plupart des cas gâchent l’effet carte postale comme avec la dame perdue devant une pyramide Maya. 

Ou alors par leurs attitudes dans des lieux saints comme par exemple la foule en k-way immondes dans une basilique de Venise ou le couple avec le tour operator automatisé dans le panthéon de Rome.

Cette machine m’amène sur un autre point de la superficialité du tourisme dans Small World. C’est l’automatisation des attractions touristiques que ce soit par le fait que la machine  remplace l’homme, ce qui est le cas avec ce guide robotique aseptisé auquel on a juste collé une photo du lieux pour que sa présence devienne moins incongrue.

Mais c’est aussi le fait que les touristes semblent se comporter tels des robots en une sorte de masse déshumanisée se mouvant à la chaîne que ce soit dans les tours operators ou les  circuits d’excursions.

Cela est amplifié par cette dimension de voyage jalonné avec des étapes stéréotypées comme prendre une photo avec la tour de Pise ou bien avec la Joconde.

Le nom de Small World évoque aussi en nous l’attraction de Disneyland « it’s a Small world » contenant une foule d’automates dans des décors inspirés de lieux touristiques internationaux. 

La superficialité est aussi amplifiée par l’utilisation de symboles à des fins commerciales outrancières. Que ce soit les cartes postales sur les pistes de ski ou des éventails à l’effigie des monuments de Rome.

Cela soulève un nouveau pan de la superficialité à savoir le questionnement si le but du voyage est l’apprentissage culturel ou seulement l’amassage de souvenirs.

Il semble dans la série de Martin PARR que le but du voyage est de se confectionner une collection de souvenirs à l’effigie de la bouillie culturelle servie aux touristes.

Cette critique du tourisme est plus que jamais d’actualité, comme on peut le voir avec des créations de lieux titanesque factices dans un but touristique comme par exemple Dubaï ou bien Las Vegas.

Le tourisme international créé aussi de plus en plus de déséquilibre dans les pays en voie de développement car l’explosion du tourisme de masse laisse entrevoir une possibilité de gain alléchante ce qui pousse des pays comme la Thaïlande à s’européaniser afin de devenir plus touristique et ainsi dénaturé leurs cultures.

Ce modèle du tourisme de masse est bien souvent critiqué dans l’art comme par exemple avec le clip Amerika de Rammstein.

On peut constater qu’il y a un fort aspect économique par le biais de la vente de souvenirs, constitué de répliques d’icônes en tout genre que l’on peut qualifier de “typique” de la culture du pays visité. Cela participe à ce sentiment d’accomplissement qu’essaye de vendre ce genre de voyage, qui vise surtout à procurer aux touristes une sorte de fierté d’avoir été là-bas et d’avoir appris d’une culture, alors qu’ils n’ont fait que suivre un parcours balisés et n’ont vu que la surface d’une culture sans pour autant vraiment en comprendre les tenants et les aboutissants et certainement pas retirer un enseignement quelconque.

 Cette fausseté culturelle atteint des sommets, ce qui est signifié dans ce cliché où l’on peut voir un Sphynx à Las Vegas qui est en fait une devanture de casino. Cela pourrait résumer à lui seul tout l’objectif de ce tourisme de masse: une devanture clinquante et impressionnante ne servant qu’à cacher un commerce. 

Cela mets aussi en avant le problème des cultures indigènes, parfois éteinte, qui sont vidées de leurs substances et utilisées qu’à des buts commerciaux. On ne retient que les beaux bâtiments et les vêtements typiques pour les vendre. Cette nécrophilie culturelle ne sert en aucun cas à sauvegarder les histoires et cultures d’un peuple puisqu’ils sont réduit à de simple objets de consommation

Tout cela ne sert, au final, qu’à perpétuer une société de consommation qui dépasse le simple confort domestique et transforme des pays entiers qui se construisent autour de cette économie de masse. Cet idéal capitaliste se répand donc à travers ce tourisme du faux.   

Cette critique du tourisme est plus que jamais d’actualité, comme on peut le voir avec des créations de lieux titanesque factices dans un but touristique comme par exemple Dubaï ou bien Las Vegas.

Le tourisme international créé aussi de plus en plus de déséquilibre dans les pays en voie de développement car l’explosion du tourisme de masse laisse entrevoir une possibilité de gain alléchante ce qui pousse des pays comme la Thaïlande à s’européaniser afin de devenir plus touristique et ainsi dénaturé leurs cultures.

Ce modèle du tourisme de masse est bien souvent critiqué dans l’art comme par exemple avec le clip Amerika de Rammstein.

Écrit par Guillaume Accaries et Franck Vuille

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