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Une jeunesse dorée

« Les gens de la nuit, perdus au cœur de cet énorme after »

C’était le phare des nuits parisiennes dans les années 80 : le Palace reprend vie devant la caméra d’Eva Ionesco. Après My little princess, dans lequel elle décrivait son passé d’enfant mannequin manipulée par une mère abusive, la réalisatrice Eva Ionesco sort un deuxième film : Une jeunesse dorée. Fin des années 70, Rose, jeune fille de la DDASS, suit son fiancé Michel, un jeune artiste, pour une vie rythmée par les fêtes et les costumes extravagants dans la boîte parisienne à la mode, Le Palace. Eva Ionesco parle encore une fois de sa vie, ses tourmentes à travers ce personnage de jeune fille perdue.

La réalisatrice de 53 ans met en scène son propre fils, Lukas dans le rôle de Michel. Un peintre éperdument amoureux de Rose. Le jeune couple passe ses nuits, dans les vapeurs d’alcool et de drogue de la célèbre discothèque. C’est là qu’ils vont faire la connaissance d’un tandem libertin plus âgé : Lucille et Hubert, qui vont les prendre sous leurs ailes. Sous l’œil de ce couple, nous découvrons un monde décomplexé. Mais pour sauver un film au ton faussement nouvelle vague, Isabelle Huppert incarne brillamment une aristocrate égocentrique et bisexuelle.

Le film d’Eva Ionesco, est une manière de remettre en scène un conflit mère-fille. S’inspirant de son enfance, la réalisatrice n’est alors qu’une ado lorsque sa mère, dévorée par ses visions d’artiste, la fait poser nue. C’est donc une relation en perpétuel mouvement qui se joue entre Lucille et Rose. Parfois fusionnelle ou déséquilibrée.

Le jeu des personnages peut paraître approximatif, mais tout est sublimés par le travail sur la photographie d’Agnès Godard qui met en lumière les années Palace.

Par Adéle Chiron

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